02 mai
Vivaldi : Armida ~ Antonio Vivaldi, Rinaldo Alessandrini, Concerto Italiano, Furio Zanasi, Marina Comparato
- Interprète : Furio Zanasi, Marina Comparato, Romina Basso, Martin Oro, Sara Mingardo.
- Orchestre : Concerto Italiano
- Chef d’orchestre : Rinaldo Alessandrini
- Compositeur : Antonio Vivaldi
- CD (13 avril 2010)
- Nombre de disques : 3
- Label : naïve
- ASIN : B0035UHJBK
Prix : EUR 22,99
En savoir plus : Vivaldi : Armida ~ Antonio Vivaldi, Rinaldo Alessandrini, Concerto Italiano, Furio Zanasi, Marina Comparato
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Enfin en possession d’Armida dans 2 jours, si Amazon livre à temps.
Si le disque tient les promesses de la video mis en ligne par le site, nous allons passer un bon moment. Si le disque tient les promesses des extraits que j’ai entendus sur Qobuz, alors je vais passer un merveilleux moment !
Armida (al Campo d’Egitto) appartient à la Jérusalem délivrée (1580 durant la première Croisade) du poète italien Le Tasse. C’est une magicienne musulmane dont l’aventure la plus célèbre la lie au croisé Renaud (Rinaldo) dont elle en tombe amoureuse et tente en vain de le retenir par des enchantements. Ici, Vivaldi a choisi de centrer son ouvrage sur la vengeance de celle-ci et sa volonté de conquérir un nouveau cœur. Lully Gluck, Hanedel, Rossini ont composé sur cette femme atypique et fascinante.
La première eut lieu au cours de la saison du carnaval de 1718 au Teatro San Moise à Venise. Dixième opéra de l’Edition Vivaldi, chez Naïve, Armida est le deuxième enregistré par Rinaldo Alessandrini, après L’Olimpiade. Cet opéra, proche de l’Orlando Furioso, marque la fin et l’apogée de la première période vénitienne de Vivaldi, mais a la particularité de nous être parvenu sans la musique du deuxième acte. Rinaldo Alessandrini l’a reconstruit avec d’autres airs existants de Vivaldi minutieusement choisis avec l’aide du musicologue Frédéric Delaméa.
L’oeuvre fait la part belle aux a la voix de contralto, à qui sont réservés cinq rôles sur sept ! Parmi lesquels celui de la fameuse sorcière, écrit à l’origine pour Antonia Merighi, abonnée aux rôles de manipulatrices (l’horrible Damira de La Verità in cimento et Rosmira dans la Partenope de Haendel), un rôle que Sara Mingardo (déjà présente dans l’Olympiade) va relever (prononciation et souplesse vocale parfaites); Furio Zanasi, baryton, tient le principal rôle masculin, celui du Calife détaché de l’intrigue amoureuse ; la jolie Romina Basso, éblouissante dans le Judith Triomphans dirigé par Marcon en Mai dernier, tient le rôle d’Adrasto. Sa voix témoigne d’une remarquable aisance dans les vocalises et d’une grande inventivité dans l’ornementation.
Tout cela à l’air bien produit (le « son Edition Vivaldi » si transparent en plus !) et exécuté avec énergie par le Concerto Italiano dont le film atteste de la parfaite santé : attaques franches, cordes moelleuses, discours mélodique harmonieux. Une production 100% méditerranéenne, dirigée avec le soleil en plus par un Chef totalement inspiré et habité. Bref encore un moment de bonheur à venir, au bénéfice de cette fabuleuse collection.
Note : 5 / 5
On attendait avec impatience la sortie de cet opéra, le dernier de Vivaldi a ne jamais avoir été enregistré. La qualité de l’édition Vivaldi, de l’orchestre Concerto italiano dirigé par Alessandrini, des solistes renommés (notamment Mingardo, Zanasi, Basso) font de cet enregistrement un bel album. L’acte II, qui manque dans le manuscrit a été reconstitué avec des airs d’autres opéras de façon assez convaincante. Il n’y a pas ici de grands airs virtuoses comme dans les derniers opéras de Vivaldi, mais des airs plus poétiques, trois duo, avec des airs de tempêtes (Qual torrente) ou de fureur (Armata di furore) efficaces. Toutefois, la réalisation n’est pas transcendante. Il y manque le feu du théâtre, l’urgence. Les colères d’Armide par Mingardo sont rentrées et non de la fureur, le guerrier Emireno est bien pâle.Le Calife de Zanasi est bien sage et peu autoritaire.Le Tisaferno de Oro s’en sort bien, avec les airs les plus beaux, mais j’aurai préféré une contralto dans ce rôle plutôt qu’un contre-ténor. Adrasto est excelemmen interprêté par Basso. Osmira a aussi de beaux airs, mais Bacelli a l’émission engorgée et sonne fatiguée, en face de Mingardo, on aurait préféré une bonne soprano, alors même que Milanesi en Erminia est gênée par les graves de son rôle, là il fallait une mezzo. Enfin, l’orchestration est assez uniforme, le continuo limité aux théorbe, violoncelle, clavecin est routinier. Alessandrini explique que la partition ne comprend pas de flûte ni de hautbois, mais comme il en manque un tiers, il est fort possible qu’il y ai eu ces instruments dans les parties manquantes, il aurait fallu les restituer pour donner plus de couleurs et peut être choisir un ou deux airs plus virtuoses pour l’acte II. Un succès d’estime donc.
Note : 4 / 5